Plusieurs articles de presse ont présenté ces derniers jours l’ouverture d’un restaurant à Lyon en le comparant, pas toujours de façon flatteuse, aux Grands Buffets. Le fondateur de l’adresse narbonnaise contre-attaque.
« Nous avons sollicité notre avocat parce qu’on ne peut pas laisser passer cela », Louis Privat est en colère. Le fondateur des Grands Buffets de Narbonne n’apprécie pas, et ce n’est rien de le dire, qu’une adresse sur le point de rouvrir dans le Vieux-Lyon s’appuie sur « la notoriété des Grands Buffets pour faire sa publicité. » Plusieurs articles parus dans la presse, notamment lyonnaise, citent en effet l’un des associés de l’établissement qui pour présenter le projet devant ouvrir mi-avril s’appuie sur le restaurant narbonnais. Un article de Lyon People décrit ainsi le concept : « Un buffet comme il en existe à Narbonne mais en plus populaire, proposant les meilleures spécialités lyonnaises et françaises. »
« Des photos utilisées et un dénigrement »
Contacté par L’Écho du Languedoc, Louis Privat a immédiatement réagi et a fait part de son agacement : « Ça va beaucoup plus loin ! Nous avons vu des utilisations de nos propres photos sous copyright et un dénigrement de ce que nous proposons en avançant un prix plus bas et en omettant bien entendu de préciser que rien n’est comparable avec la cuisine que nous proposons. »
Plusieurs courriers envoyés
Pour formaliser son courroux, Louis Privat s’est fendu de plusieurs courriers. Un premier qui sera expédié aux porteurs du projet et dans lequel le restaurateur audois dénonce : « Vous avez manifestement pensé judicieux de récupérer notre notoriété auprès du public mais il est permis de douter que votre établissement soit comparable aux Grands Buffets de Narbonne, restaurant reconnu par la fondation Escoffier comme la vitrine mondiale de la cuisine du grand maître du XIXe. » Et de lister les plats gastronomiques proposés à Narbonne avant de poursuivre « dans l’hypothèse probable où votre offre serait en définitive différente de la nôtre, vouloir vous comparer d’emblée aux Grands Buffets de Narbonne ne serait pas sans risque de déception pour le public dans l’esprit duquel vous instaurez d’ores et déjà une confusion déloyale. »
En conclusion, Louis Privat prévient : « Dans l’immédiat, il est de mon devoir de défendre la réputation des Grands Buffets contre toute récupération déloyale de notre notoriété, raison pour laquelle je vous adresse cette lettre ouverte. Évidemment, je reste attentif à vos réponses et aux mesures que vous voudrez bien prendre afin d’éviter désormais toute confusion entre votre futur établissement et les Grands Buffets. »

Thierry Marx également alerté
Un second courrier est par ailleurs adressé à Thierry Marx, chef hautement reconnu et président national de l’Umih, syndicat des restaurateurs et hôteliers. Puisque la colère de Louis Privat trouve également sa source dans les déclarations du représentant lyonnais de l’Umih. Ainsi la missive s’étonne d’une « complicité active » : « Monsieur Fontaine étant allé jusqu’à déclarer dans un article publié le 21 mars dans Le Progrès : « ce sera un peu la version lyonnaise des Grands Buffets de Narbonne » déclaration apportant ainsi un titre tout trouvé à l’article qui la cite : « La version lyonnaise des Grands Buffets de Narbonne débarque ». »
« Aucune difficulté à transmettre »
Louis Privat veut être clair dans son propos : « Je ne saurai reprocher à un nouvel établissement de chercher à se faire connaître mais en l’occurrence, la comparaison est, selon les publications, aux mieux ambiguë, au pire mensongère. En toute hypothèse, elle se fait au détriment du nôtre, au prix d’une utilisation illicite de notre nom qui est aussi une marque déposée, ainsi que d’un parasitisme commercial
déloyal. »
Le fondateur des Grands Buffets nous a confié « n’avoir aucune difficulté à transmettre et à accompagner les restaurateurs qui en ont besoin. J’ai encore passé une heure au téléphone hier avec des porteurs de projets qui veulent se lancer dans une formule buffet à volonté pour étudier avec eux la faisabilité. Mais cela doit se faire au minimum dans le respect de notre établissement. »
Pour les suites juridiques, Louis Privat affirme qu’il s’adressera « directement aux responsables de cette communication et aux médias eux-mêmes ». Affaire à suivre.
Photo : Louis Privat monte au créneau. ©A.G.
Arnaud Gauthier