Le Colisée à Carcassonne dans le top 30 des plus beaux cinémas du… monde ! 

access_time Publié le 19/03/2025.

Le magazine “Time Out” est tombé sous le charme de l’architecture art-nouveau de l’établissement audois. 

Il fait partie de ces petites gourmandises architecturales. Nichées là où on ne les attend pas. Le Colisée de Carcassonne est une merveille, de par sa programmation signée Aurélien Haleine et soigneusement réfléchie, mais surtout grâce à l’une de ses trois salles. Elle se situe à l’étage d’un bâtiment remarquable du boulevard Omer-Sarraut et ne laisse personne indifférent. Créée au début de XXe siècle pour faire office de salle des fêtes de ce qui était alors le Grand Hôtel Terminus, elle changera rapidement de destination pour endosser les atours caractéristiques des théâtres lyriques de l’époque. Sa nouvelle configuration sera inaugurée le 1er avril 1922 et lui conférera ses lignes actuelles. Entre temps, elle aura vécu bien des péripéties, sans jamais perdre de son charme qui lui vaut d’être souvent citée parmi les plus beaux cinémas du monde. Dernièrement, c’est le magazine « Time Out » qui a placé cette salle à la 30e position de son classement.

Un bâtiment remarquable du boulevard Omer-Sarraut. ©A.G.

Une longue histoire

C’est l’architecte Florentin Belin qui conçoit, en 1912, les plans du futur Grand Hôtel Terminus. Pour cette oeuvre, il intègre à ses plans une vaste salle des fêtes de 25 mètres de long. Avec vue plongeante sur le boulevard Omer-Sarraut grâce à de larges fenêtres. Pendant huit ans, elle devient le théâtre de nombreuses manifestations culturelles, notamment lors du carnaval. 

Un projet ambitieux

En 1921, le banquier Auguste Beauquier, aux commandes du Terminus, prend une décision radicale : transformer la salle des fêtes en un véritable théâtre. Il fait appel aux architectes parisiens Uldry et Mazouillé pour “édifier une nouvelle salle de spectacle avec tout le confort moderne, détaillent les archives de la ville de Carcassonne. Deux mois de travaux suffiront à donner au nouveau théâtre, décoré dans le style art-nouveau de l’hôtel, tout l’éclat de son luxe et de sa beauté. Il semble que les architectes et les décorateurs se soient fortement inspirés de la salle de l’opéra de Vichy, réalisée en 1903.”

Un style art-nouveau pour cette salle conçue pour accueillir du lyrique. ©A.G.

Un cadre prestigieux

Le futur Théâtre des Nouveautés est pensé pour offrir un cadre prestigieux avec des fauteuils en parterre, des gradins au premier étage et dix-huit loges en encorbellement. Deux promenoirs agrémentés de trois bow-windows offriront une vue sur l’extérieur.

Le 1er avril 1922, « La Fille de Madame Angot » est jouée lors de l’inauguration. Sous la direction artistique du compositeur carcassonnais François Fargues, le Théâtre des Nouveautés proposera une programmation variée, alternant opérettes, revues, pièces de théâtre et films cinématographiques. Jusqu’en 1932. Cette année-là, le rideau tombe définitivement sur le théâtre.

Le lieu est alors reconverti en cinéma Le Colisée. Durant la Seconde Guerre mondiale, la salle est réquisitionnée pour des conférences de propagande nazie.

Une modernisation constante

En 1980, le cinéma s’étend avec la création de deux nouvelles salles, puis de cinq, formant un véritable complexe cinématographique. Il vivra au gré des rachats par différents réseaux. Aujourd’hui, c’est l’enseigne CGR qui trône sur la façade et le complexe ne compte plus que trois salles.

Aurélien Haleine, directeur du cinéma. ©A.G.

Une beauté pas toujours idéale pour le cinéma

Aujourd’hui, le Colisée ne se limite pas uniquement à jouer la carte de l’esthétisme. Il accueille tout au long de l’année et au-delà des traditionnelles séances, des événements liés au cinéma, bien évidemment. Si sa salle principale peut accueillir désormais 166 spectateurs, son charme n’est pas toujours compatible avec les standards de projections modernes. L’écran est relativement haut et le blanc des murs comme celui du plafond sont un frein à l’obscurité totale. “On utilise forcément cette salle pour nos conférences, nos débats, nos rencontres”, détaille Aurélien Haleine. Actuel directeur du cinéma, il a débuté ici comme projectionniste en 2010. Autant dire qu’il maîtrise son affaire. “On accueille beaucoup de scolaires pour leur faire découvrir le cinéma dans un lieu différent de ce qu’ils peuvent connaître”, explique le professionnel qui aura accueilli en 2024, 55 000 spectateurs dans les trois salles de l’établissement.

Photo : 55 000 spectateurs se sont rendus dans ce cinéma en 2024. ©A.G.

Arnaud Gauthier

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